Livres à paraître

 

 

Contes fantastiques

Tome 1
Charles Nodier

 

Charles Nodier (1780-1844), écrivit en son temps un critique, est un auteur que l’on aime dès qu’on le lit. Nous ne saurions mieux dire : aujourd’hui encore, il est impossible de ne pas tomber sous le charme de cet incomparable conteur. Fut-il le premier vrai romantique ? Nous laisserons aux érudits le soin de répondre à cette question, mais il est certain que les mots que lui inspirèrent sont enthousiasme pour le mouvement, qui secouait avec la vigueur de plumes neuves comme celles de Victor Hugo (né à Besançon, comme lui) ou l’Alexandre Dumas, le classicisme rigide hérité du siècle précédent, il est évident que ces mots sont les plus forts, les plus pénétrants écrits sur le sujet.

Il nous semble que, plus qu’aucun autre de ses écrits, ses contes fantastiques vibrent de toutes les influences qui ont nourri le romantisme, auxquelles il ajoute la verve du conteur, une langue précise et ciselée et une imagination débordante. Au service de son art, il convoque à la fois ironie et sensibilité.

Après une jeunesse tumultueuse, faite d’engagements qui lui valurent notamment quelques mois de prison à Sainte-Pélagie, réservée aux « délinquants d’opinions » par un Empire sourcilleux, il finit par « se ranger ». Choqué par les excès de la Révolution, déçu par les soubresauts d’un siècle agonisant et qui peinait à mettre au monde un nouvel ordre, on aurait compris sans peine que l’écrivain, tour à tour enseignant puis bibliothécaire, académicien, pût se refermer dans une cynique retraite, remâchant la perte d’une civilisation dans une tour d’ivoire.

Au contraire, l’humanisme intransigeant de ce penseur idéaliste et revenu des tumultes de son temps, l’imaginaire de cet érudit rêveur, investis désormais dans le domaine littéraire, s’exprimèrent sans limites pour donner une œuvre riche et méconnue, dont les contes fantastiques sont, à notre humble avis, les perles les plus belles et les plus accessibles.

Il nous a semblé qu’il était temps, dans une époque qui semble ne plus croire en rien et où, à nouveau, triomphe le matérialisme, de les sortir de l’oubli. Nous donnons les meilleurs d’entre eux, en deux volumes.

On y retrouvera les plus célèbres nouvelles ou contes de cet écrivain rare et précieux, et des textes plus rares.

À la fin du présent volume, nous avons ajouté un texte fondamental, écrit par Nodier lui-même, sur le fantastique en tant que genre littéraire : ses influences, celles du fantastique dans son entier, ses goûts et ses espoirs y sont si bien dépeints, dans ce qui nous semble la première réflexion sérieuse sur le sujet, que nous ne trouvons rien à y ajouter, si ce n’est que, du conte de fée à la nouvelle fantastique, les écrits de Charles Nodier continuent d’exercer sur ses lecteurs, s’ils veulent bien s’abandonner au plaisir du conte, un charme puissant et indéniable.

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