Revue l'Aéronaute, fondée par Nadar

Bien que né à Montpellier, Gabriel de la Landelle (1812-1886)  est issu d’une grande famille de marins bretons. Il devient à 16 ans élève dans la marine royale. Il arrêtera sa carrière en tant que capitaine de frégate, en 1839, pour devenir journaliste et écrivain.

 

Un écrivain de la mer

D’abord chroniqueur pour de nombreuses revues, ses romans paraissent en feuilleton et rencontrent un bon succès, parce qu’emprunts de son expérience de la mer. Il écrit dans la lignée de Fenimore Cooper, ou du capitaine Marryat, et influence sans doute Jules Verne, qui fut son ami. Il écrivit également poèmes et chansons de marins.

Il écrivit beaucoup à Brest et à Morlaix, et ses succès littéraires pouvaient se comparer à ceux de son compatriote Edouard Corbière (que nous avons évoqué ici, par l’intermédiaire de son fils Tristan Corbière) ; mais comme celui-ci il a glissé petit à petit au fond de la cale de l’oubli (trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées…) et c’est bien dommage, comme la lecture de ses Histoires maritimes peuvent vous en convaincre.

 

Un précurseur de l’aviation

Mais Gabriel de la Landelle fut aussi un précurseur de ce qui allait s’appeler l’aviation ; et son nom résonne encore pour les historiens de ce domaine. Passionné par le problème du vol du plus lourd que l’air, il contribue à la mise au point d’un hélicoptère qui serait mû par la vapeur. Précurseur, il l’est bien puisqu’on lui attribue l’invention du mot « aviation », dans l’ouvrage Aviation, ou Navigation aérienne sans ballon (1863) ; terme repris par le pionnier Clément Ader en 1875. Une touchante correspondance entre Ader et de la Landelle, publiée en 1965, montre les liens de pensée qui unirent ces deux hommes de l’air.

On ne peut que constater les similitudes entre l’hélicoptère de de la Landelle et l’Albatros de Robur-le-Conquérant, qui dans le roman de Jules Verne, qui entretenait des relations amicales avec de la Landelle (le roman parut l’année de la mort de Gabriel de la Landelle) revêt les mêmes caractéristiques.

Il est un proche du journaliste G.F. Tournachon, dit Nadar (tout comme Verne, à nouveau, qui mettra en scène ce photographe et journaliste dans De la terre à la lune et Autour de la lune, en la personne du jeune Ardan), passionné lui aussi des choses de l’air, et ils fondent une société pour l’encouragement du développement des véhicules aériens où se retrouveront bien des précurseurs. D’ailleurs Gabriel de la Landelle participe à la fondation de la revue de Nadar, l‘Aéronaute.

Un écrivain atypique, donc, à redécouvrir d’urgence !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *