Quidditch - Le vif d'or

Le Quidditch, du rêve à (presque) la réalité

Preuve de l’impact (évident par ailleurs) de la saga Harry Potter sur la culture populaire, le Quidditch, jeu favori des sorciers inventé par J. K. Rowling, est entré dans la réalité, comme le rapporte cet article du très sérieux journal (d’habitude) Libération, qui pour le coup prend un air de Daily Prophet (la Gazette des sorciers en VF) :
http://www.liberation.fr/sports/2015/07/25/bienvenue-aux-premiers-jeux-europeens-de-quidditch_1353380

Le quidditch au sol (ou quidditch moldu) a été codifié par Xander Manshel et Alex Benepeet, étudiants de l’Université de Middlebury, États-Unis, dès 2005 ; nation qui accueillit, naturellement, la première coupe du monde de la discipline.
Aujourd’hui une fédération internationale regroupe les activités de tous les moldus mordus de quidditch au sol.
On pourrait s’en émerveiller, mais à la vérité ce n’est pas le premier jeu à franchir la frontière entre œuvres d’imagination et loisir des « fans ». Et, il faut bien l’avouer, les anglo-saxons ont une longueur d’avance sur nous dans ce domaine…

 

Le jeu de rôles grandeur nature (GN)

Enfant naturel de la passion des joueurs de jeux de salon (notamment les jeux de rôle(s) dans le sillage du classique, éternel et inusable Donjons et Dragons), et du besoin naturel de pousser l’expérience un peu plus loin, les jeux de rôle grandeur nature ont pris leur essor dans les années 70-80 à l’exception peut-être du premier d’entre eux, la murder-party.

 

Dans le sillage des grands détectives : la Murder-Party

Premier des jeux de rôle grandeur nature, à une époque où le terme lui-même n’existe pas, la murder-party inaugure le genre sous les meilleurs hospices : en effet, la fiction avait déjà plus que préparé le terrain.
Dans le sillage des premiers grands détectives, notamment Sherlock Holmes et plus tard les limiers d’Agatha Christie, Hercule Poirot ou Miss Marple, se développe un type d’histoires particulier à l’intérieur du genre policier : le huis-clos. Dans cette sorte de récit policier, le meurtre est commis dans un endroit circonscrit (maison, bateau, jardin…) et le nombre de suspects est limité. Le rôle du détective est de résoudre l’énigme en ayant sous la main tous les suspects, en cherchant tous les indices, etc… Ellery Queen s’y essaie souvent, et des romanciers comme S.S. Van Dyne en feront une spécialité. Un jeu de société bien connu dérive directement de ces romans, le Cluedo (commercialisé pour la première fois au Royaume-Uni en 1949).
Le succès du genre littéraire aidant, les premières murder-parties sont organisées dès les années 30, dans les salons huppés ou les grands hôtels anglais. Les règles sont celles d’un jeu de rôle classique ; on peut dire que la murder-party est le premier d’entre eux chronologiquement. Chaque joueur reçoit les informations que son personnage doit connaître, et l’enquête amène les protagonistes à interagir pour mener chacun l’enquête autour d’une énigme dont le fin mot n’est connu que des organisateurs (et du coupable, bien entendu).

 

Killer, le jeu des assassins

Inspiré d’une autre branche du genre policier, le roman noir et d’espionnage, influencé par une nouvelle de l’écrivain Robert Sheckley (celui-là même qui prédisit l’incontrôlable amoralité qui envahit la télé-réalité) et codifié au début des années 80 par Steve Jackson, grand nom du jeu de rôle (il lança la série des livres dont vous êtes le héros) ce jeu grandeur nature a donné lieu à de grandes parties, à travers des villes entières. Il s’agit pour chaque joueur d’assassiner les autres joueurs, avec des moyens précisés souvent au début du jeu : pistolet à eau généralement, mais on a pu imaginer d’autres dispositifs (colis piégé, contenant… un petit mot avec écrit « Boum » dessus, poison sous la forme d’une boisson fortement salée, etc…) Une fois le meurtre dûment constaté, le joueur « tué » est éliminé. Le dernier en vie est le vainqueur.

 

Le Trollball, ou comment se lâcher le dimanche en Terre du Milieu ?

Dérivé du football américain (en plus simple) et du jeu Bloodball, ce viril jeu de balle (dans lequel la susdite balle est indéalement remplacée par une tête de troll, d’où le nom de ce sport) fait la joie des amateurs de jeux de rôle grandeur nature dans des univers médiévaux-fantastiques.
Cet étonnant sport où l’on voit s’affronter monstres et humains, hobbits et elfes, dans une bonne humeur et un fairplay constants consiste à placer la tête du troll (ou la balle, par défaut) dans les buts adverses en évitant de se faire tuer lors d’affrontements à l’arme blanche (en mousse, hé ! ce n’est qu’un jeu) sur le terrain.
Cette vidéo, issue du très sérieux Monde, vous en dira plus ; la toile est par ailleurs pleine de démonstrations, parties endiablées et explications hilares par de merveilleux fous en costume de chevaliers.

 

Le duel de thé

Encore et toujours une invention anglo-saxonne, le duel de thé envahit tranquillement mais fermement (à l’image de ce que doit être un tel duel) le monde du steampunk français. Le moment du thé peut-il être propice au règlement de compte et à la pratique d’un sport particulièrement dangereux (pour les biscuits) ? La réponse est oui.
Nous avons découvert cette redoutable discipline pendant Geekopolis, et existe depuis l’année dernière une Fédération Francophone, sur le site de laquelle vous pourrez apprendre tout ce que vous devez savoir sur le duel de thé : Par ici

 

En conclusion : et nous ?

Bien entendu, ce petit tour d’horizon des sports et activités issues d’œuvres de fiction ou des cultures de l’imaginaire, n’est ni complet ni exhaustif, et la liste pourrait s’allonger. Mais force est de constater que le détournement d’imaginaire à des fins de loisir et d’amusement est dominé par les anglo-saxons, même si rapidement les mordus (et moldus) de nos contrées s’en emparent avec empressement.
Et nous ? N’y-a-t-il pas dans les forces vives des fans de ce pays suffisamment d’imagination et d’esprit de dérision pour en faire autant ? Ne désespérons pas ; si vous connaissez une initiative, un début de projet, comptez sur Banquises et Comètes pour l’encourager !

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